Les mystères des Incas

On ne se lasse pas de fantasmer sur les mystères des Incas, mais une chose au moins semble certaine. La dernière capitale inca serait Choquequirau ou Espiritu Pampa et non le Machu Pichu.

Le mythe du Machu Picchu  » dernier refuge des Incas » est aujourd’hui bien mort, écrit l’historienne Danielle Lavallée en préface des mémoires de Bingham l’explorateur qui a découvert les célèbres ruines. La dernière capitale inca n’est pas le Machu-Picchu mais se trouve 150 kms au nord ouest. C’est Vilcabamba la vieille.

Carmen Bernand, auteur des incas, peuple du soleil » paru chez Gallimard, hésite elle entre la cité de Choquequirau, près de Macchu Picchu, dont les ruines ont été récemment restaurées, et Vilcabamba   connue aussi sous le nom de Espíritu Pampa. Mais les deux spécialistes sont formelles: le Machu-Picchu n’est pas la dernière « capitale » inca. Le supposé trésor que les derniers incas auraient amené avec eux dans leur fuite restera également introuvable.

Les mystères du Machu Picchu

Les mystères du Machu Picchu continueront néanmoins d’alimenter la chronique. On en fera un sanctuaire religieux, sorte de couvent réservé aux « vierges du soleil »; d’autres pseudo archéologues y verront un sanctuaire pour initiés pratiquant des rites secrets. En fait, les dernières recherchent tendent plutôt à prouver que le Machu Picchu faisait partie d’une chaine de forteresses jalonnant le cours de la rivière Urubamba et destiné a protéger la région de Cuzco,capitale de l’empire, des incursions des tribus guerrières de la forêt. C’est le grand souverain Pachacutec et ses successeurs qui l’aurait fait édifier à la fin du 15e siècle…

Le dernier affrontement entre les Incas et les Espagnols

C’est vers 1780, qu’un certain José Gabriel Condorcanqui, descendant par sa mère de Félipe Tupac Amaru, décapité en 1572,lance avec environ 80 000 indigènes la dernière grande révolte contre l’envahisseur.

Son programme : la restauration de l’empire inca et l’abolition des corvées imposées par les Espagnols. Mais les indiens sont lâchés par les habitants des villes et le dernier Inca est fait prisonnier. Aprés avoir assisté à l’exécution de sa femme et de son fils, il a la langue tranchée et est attaché à quatre chevaux pour être écartelé.Comme son corps ne se déchire pas, il faudra lui trancher la tête.

Les Incas Peuple du soleil, de Carmen Bernand (Découvertes Gallimard) retrace l’histoire et la culture des Incas, depuis l’arrivée du conquistador Pizarro – qui mettra à mort l’empereur Inca Atahualpa – jusqu’à la découverte du Machu Picchu par l’historien américain Hiram Bingham. L’ouvrage dispose d’une magnifique iconographie et de quelques textes en annexe, comme un extrait de la Relacion de la conquista del Peru, de Pedro Pizarro, cousin du conquistador, qui donnent envie de poursuivre l’étude des «sources». Carmen Bernand, historienne, est co-auteur avec Serge Grunzinski de la monumentale Histoire du nouveau monde parue chez Fayard.

Les vierges du soleil

Les « vierges du soleil », « femmes choisies » dont la vie était vouée au service de Dieu Soleil, l’empereur Inca et ses prêtres étaient regroupées dans des sanctuaires disséminés d’un bout à l’autre de l’empire.

Selon les chroniqueurs espagnols, le sanctuaire-couvent le plus important se trouvait à Cuzco à côté du temple du soleil. Les autres femmes n’avaient pas le droit de pénétrer dans ce lieu sacré. Les « vierges du soleil » étaient destinées à être sacrifiées…ou à servir, pour les plus belles d’entre elles, d’esclaves sexuelles de l’empereur.

« Il est naturel, remarque Bingham, l’explorateur qui a découvert le Machu Picchu, que les femmes les plus désirables aient été vouées au culte du soleil, dans lequel les Incas voyaient une divinité bienveillante, dispensatrice de vie.(…) Aux yeux des Incas, il importait que le Dieu Soleil fût contenté de toutes les manières possibles et que ses prêtres soient servis par les plus belles jeunes femmes de l’empire. Le chroniqueur espagnol Cieza de Leon rapporte que les Vierges du Soleil étaient enterrées vivantes si on les surprenait avec un homme. L’interessé subissait le même sort

Le trésor des Incas

Paititi…cette cité mythique de l’amazonie péruvienne où les « derniers » incas se seraient réfugiés avec leur trésor existe t-elle réellement? Il est vraisemblable que les derniers seigneurs des Incas aient caché une partie de leur or pour le soustraire à la cupidité des conquistadors. Pendant longtemps, explique Carmen Bertrand, on a considéré que Paititi, comme Manoa ou l’Eldorado, était une cité fabuleuse imaginée par les conquistadores. Cependant la découverte de Mameria près du Madre de Dios, a relancé l’idée que cette légende comportait un fond de vérité. D’ailleurs Paititi est mentionné par les quipucamayoc (lecteurs de quipu) en 1543 ainsi que par le témoignage détaillé d’un Espagnol du XVIe siècle, Alvarez de Maldonado. S’il est vrai qu’il existe des ruines inca dans la région du haut Madre de Dios, Paititi – à condition qu’elle ait existé – se trouverait plutôt dans la région de Mojos (Beni, en Bolivie actuelle) ou encore dans la vallée du Paucarmayo (rio Madeira au Brésil).

Quant au trésor Inca, toujours selon l’historienne, il est vraisemblable que les derniers seigneurs des Incas en aient caché une partie pour le soustraire à la cupidité des conquérants, mais il est difficile d’en trouver la preuve. Dès la mort d’Atahualpa, et jusqu’à nos jours, les paysans andins croient encore que l’or des Incas se trouve enterré dans des crevasses des montagnes ou au fond des lacs. Ces suppositions trouvent un écho dans les anciennes croyances relatives aux huacas et aux gardiens des montagnes et des richesses, qui existent encore dans la plupart des régions de la Cordillère.

Les sacrifices d’enfants

Les sacrifices d’enfants, quant à eux, étaient des offrandes faites aux entités ancestrales matérialisées dans des montagnes et des lieux sacrés, afin de conjurer les calamités et éloigner les cataclysmes. A l’époque des Incas, ces offrandes humaines visaient également à préserver la santé du souverain et lui assurer des triomphes militaires. La chute de l’empire impliqua la disparition des cérémonies liées à l’Etat et au pouvoir central. Mais les croyances liées aux ancêtres et au terroir, subsistèrent, mélangées en partie à des rituels chrétiens. Interdits par la loi, les sacrifices humains furent pratiqués par les communautés, exceptionnellement, et de façon clandestine, jusqu’au XXe siècle.

Le Machu Picchu est en danger.

Le monde moderne risque de détruire ce que plusieurs centaines d’années n’avaient pas réussi à effacer. Cent ans après sa découverte, la forteresse inca du Machu Picchu a été placée « sous haute surveillance»par l’Unesco.La cité est envahie par des hordes de touristes et la construction d’une route à proximité des ruines est même envisagée…Les autorités péruviennes devront prochainement présenter un «rapport sur l’état de conservation» de la citadelle inca.

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