Goethe et Weimar: la maison de Goethe

Maison de Goethe à Weimar avec son beau jardin
La maison de Goethe à Weimar


Lorsque Goethe arrive à Weimar en 1775, à l’age de 26 ans, pour y être le conseiller du duc Karl August, la capitale du duché de Sachsen Weimar n’a encore que 6000 habitants et Goethe a déja obtenu avec son Werther un succès retentissant. Les souffrances du jeune Werther ont cristallisé les inquiétudes d’une génération mélancolique et désenchantée, et le suicide de Werther, amoureux de la fiancée de l’un de ses amis, aura un tel impact à l’époque que de nombreux jeunes gens choisiront eux aussi de mettre fin à leurs jours. Werther deviendra le symbole de l’exaltation et du mal de vivre. Goethe restera à Weimar jusqu’à la fin de sa vie en en 1832.

Il est pratiquement impossible de résumer l’oeuvre de Goethe. Est-ce le plus grand poète allemand, le plus grand dramaturge, le plus grand romancier ou mémorialiste? Faute de trouver une réponse, certains s’en remettent en fin de compte au mot de Napoléon qui en recevant Goethe lui aurait dit «Vous êtes un homme» et pour mieux apprécier Goethe, la meilleure formule sera donc de vagabonder dans ses oeuvres( 10 tomes aux éditions de l’Harmattan).

La représentation de Faust à lui tout seul, représenté pour la première fois en Allemagne à l’occasion de l’expo 2000 de Hanovre, dure…23 heures. «La faille de Faust, et la condition de sa tentation par le diable,écrit Hans Hartje, dans son excellente histoire de la littérature allemande publié chez Ellipses, réside dans le fait qu’avide de toutes sortes de connaissances il est aussi homme, donc mortel, et par conséquent anxieux devant la perspective de manquer à sa vocation d’être l’artisan de son propre bonheur. C’est là une problématique éminemment moderne, en ce qu’elle oppose l’évident futilité des plaisirs immédiats à ce qui fait de l’homme un être humain au sens complet du terme, avec ses joies et ses peines, et surtout la conscience assumée de sa mortalité».

Weimar tombé en 1945 avec la Thuringe dans l’escarcelle des Soviétiques et partie intégrante de la République Démocratique Allemande a relativement peu souffert de la guerre et des ravages des bâtisseurs socialistes. Goethe à la différence d’autres écrivains allemands était en effet persona grata à Berlin Est…Friedrich Engels, le philosophe marxiste, ne l’avait il pas considéré comme le «Prophète de la religion du futur»?

La maison de Goethe est intacte et l’on peut se recueillir devant son pupitre, placé devant deux fenêtres donnant sur un jardin. Le grand homme écrivait debout. Mieux vaut néanmoins se familiariser avant son départ avec la littérature allemande de l’époque.

Weimar qui a ainsi traversé les siècles sans trop de dommage voit poindre néanmoins, en raison même de son succès, un dommage collatéral : les hordes de touristes allemands et étrangers qui se déversent dans la ville. Ce flux de visiteurs, allié à l’amour des habitants de la Thuringe pour les fêtes populaires, et la saucisse grillée, rendent la ville infréquentable ( en tout cas pour les amateurs de tranquillité) pendant de nombreux jours de l’année. Trois cent mille personnes envahissent ainsi les rues de Weimar en octobre à l’occasion de la fête de l’oignon. Mais des dizaines de caravanes où l’on vend de délicieuses saucisses grillées stationnent aussi les autres jours dans la ville…cachant souvent ainsi aux visiteurs les façades des monuments historiques…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *