Au quartier général de la Stasi à Berlin Est

Le quartier général de la Stasi, dans l’ancien Berlin-Est a été transformé en musée après la réunification allemande et on peut notamment y visiter tout l’étage réservé à Erich Mielke, le patron de la centrale de renseignement communiste. La Stasi avait un effectif de 100 000 personnes dans les années 80 pour une population de 17 millions en Allemagne de l’Est. Tous les allemands ne se sont pas précipités, comme on aurait pu l’attendre, dans cet endroit de sinistre mémoire… certains par peur de se retrouver dans cette ambiance, d’autres peut-être tout simplement pour oublier…

Stasi: opération Bois de rose, l’un des derniers mystères de la guerre froide

Le quartier général de la Stasi dans l’ancien Berlin-Est

Plus de 20 ans après la chute du mur de Berlin, l’un des derniers mystères de la guerre froide est encore loin d’être éclairci. Personne mis à part les intéressés ne sait comment les 280 000 fiches recensant les espions de la Stasi à travers le monde ont atterri dans les bureaux de la CIA aux Etats-Unis. Plusieurs versions ont circulé sur cette affaire connue sous le nom de code « Rosenholz » (bois de rose) ou « Rosenwood » nom de code donné par le contre espionnage de la République Fédérale Allemande à l’exploitation de ces fichiers. Même le général Grossmann, dernier patron de l’espionnage est-allemand (HVA) affirme dans ses mémoires qu’il n’en sait rien…

Nom de code Rosewood ou Rosenholz

Plusieurs versions ont circulé sur cette affaire connue sous le nom de code « Rosenholz » (bois de rose) nom de code donné par le contre espionnage de la République Fédérale Allemande à l’exploitation de ces fichiers. Certains ont affirmé que des agents de services étrangers s’étaient mêlés aux manifestants qui avaient pris d’assaut le siège central de la Stasi à Berlin le 15 janvier 1990 et en avaient profité pour faire main base sur ces documents. Selon d’autres sources, ces fiches auraient été au contraire confiées par des officiers de la Stasi à des représentants du KGB, mais ceux ci les auraient revendus à la CIA. Prinzipalow, et Subjenko les deux officiers du KGB qui auraient été mêlés a cette affaire sont morts quelques années plus tard en URSS dans des conditions mystérieuses, victimes d’un supposé infarctus au volant de leur voiture.

Opération Bois de rose: le dernier chef de l’espionnage est-allemand, le général Grossmann assure ne rien savoir

Dans ses mémoires, publiées en Allemagne, mais non traduites en France, le général Grossmann, dernier chef de l’espionnage est allemand avant sa dissolution, assure ne rien savoir de cet épisode et affirme qu’il continue a chercher à débusquer les traîtres qui auraient permis que ces fichiers atterrissent à Washington. Selon des sources dignes de foi ces documents auraient pu en fait parvenir à la CIA bien avant janvier 1990.

Ces mêmes sources font remarquer par ailleurs que des officiers de la Stasi en accord avec des éléments « progressistes » du KGB avaient pris depuis quelque temps leur distance avec les jusqu’au boutistes du régime est allemand. Le KGB aurait ainsi donné comme instruction de ne pas intervenir. Ce serait d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles le soulèvement populaire de 89 n’a pas été réprimé dans le sang. Les troupes de la Stasi pourtant prêtes à toutes les éventualités ont laissé occuper leurs locaux pratiquement sans opposer de résistance…

Les patrons de la Stasi: Erich Mielke la brute et Markus Wolf l’intellectuel.

Le bureau d’Erich Mielke, dans l’ancien quartier général de la Stasi à Berlin est.

Deux figures bien différentes et souvent opposées ont dominé l’histoire de la Stasi. Celle du criminel Erich Mielke, ministre de la sécurité d’état, qui termina sa carrière, lors de la débâcle, sous les quolibets de l’assemblée du peuple, et celle élégante et distinguée de Markus Wolf, patron de l’espionnage ( la HVA) qui ferma les yeux sur les exactions de ses collèges et couvrit d’innombrables crimes au nom de la fidélité au grand frère soviétique qui avait contribué à la défaite nazie.Ce sont les deux chefs de la Stasi qui sont restés dans l’histoire. Mielke était le patron de Wolf

Markus Wolf, l’intellectuel

Wolf revenu en Allemagne après la guerre avec un passeport soviétique en uniforme d’officier de l’armée rouge, venait d’une famille juive. Il était le fils de Friedrich Wolf un pacifiste communiste auteur de pièces de théâtre. Son père avait fui dès 1933 l’Allemagne nazie avec sa famille sauvant ainsi sa femme et ses deux enfants de la mort. Le frère de Markus devint un talentueux cinéaste.

Ce qui comptait le plus aux yeux du patron de l’espionnage est-allemand ( Mielke ministre de la Sécurité était ainsi son supérieur hiérarchique) était que l’URSS avait combattu les bourreaux nazis. L’oncle de Wolf était mort dans un camp de concentration, et Wolf avait transféré sur l’Occident son désir de punir le nazisme et le fascisme. Il était ainsi devenu un redoutable adversaire pour les services de renseignements étrangers qui pendant des dizaines d’années ne connaissaient même pas son visage.

Erich Mielke, la brute

Erich Mielke, patron du MFS ( Ministère de la Sécurité d’État Ministerium für Staatssicherheit, MfS) supérieur hiérarchique et rival de Wolf était un stalinien convaincu qui continua de vénérer jusqu’à la fin le « petit père des peuples ». Entré très jeune au parti, il avait assassiné en 1931 deux policiers à Berlin lors d’une manifestation et s’était enfui en URSS pour échapper à la peine de mort. « Mielke était la Stasi », (titre d’une biographie de Heribert Schwan parue en allemand) et pratiqua au sein même de son parti les méthodes d’épuration stalinienne. Il fut même, rappelle Jean-Paul Picaper dans son ouvrage Berlin-Stasi, à l’origine de deux concepts qui permettaient de condamner pratiquement n’importe qui. Celui de « diversion politico-idéologique » et celui d' »activité politique clandestine ». Mielke mena durant toute sa vie une source lutte d’influence- qu’il ne gagna jamais- contre Markus Wolf. Il avait la confiance de Erich Honecker, le chef d’état est allemand, mais…Wolf qui parfait parfaitement russe avait celle du Kremlin et du KGB.

La Stasi était en terme d’effectifs beaucoup plus importante que la Gestapo nazie. Celle-ci avait 15 000 collaborateurs pour une population allemande d’environ 70 millions d’habitants, alors que la Stasi avait un effectif de 100 000 personnes dans les année 80 pour une population de 17 millions en Allemagne de l’Est. Son quartier général à Berlin-Est a été transformé en musée après la réunification allemande.