Au quartier général de la Stasi à Berlin Est

Le quartier général de la Stasi, dans l’ancien Berlin-Est a été transformé en musée après la réunification allemande et on peut notamment y visiter tout l’étage réservé à Erich Mielke, le patron de la centrale de renseignement communiste. La Stasi avait un effectif de 100 000 personnes dans les années 80 pour une population de 17 millions en Allemagne de l’Est. Tous les allemands ne se sont pas précipités, comme on aurait pu l’attendre, dans cet endroit de sinistre mémoire… certains par peur de se retrouver dans cette ambiance, d’autres peut-être tout simplement pour oublier…

Daniel Arasse: on n’y voit rien…

De Velazquez à Titien, de Bruegel à Tintoret, Daniel Arasse éduque notre regard: en introduction, une lettre imaginaire dans lequel le facétieux normalien de la rue d’Ulm, et ancien membre de l’école française de Rome, s’étonne auprès de sa « Cara Giulia »qu’elle ait besoin de textes pour interpréter les tableaux » comme si elle ne faisait confiance ni à son regard pour voir, ni aux tableaux pour lui montrer, d’eux mêmes, ce que le peintre à voulu exprimer.

En mettant en lumière ce que Tintoret, Cossa, Bruegel,Titien et Velasquez ont voulu nous montrer dans cinq de leurs tableaux (Mars et Vénus surpris par Vulcain de Tintoret, l’Annonciation de Francesco del Cossa, l’Adoration des mages de Bruegel, la Vénus d’Urbin de Titien, et les Menines de Velasquez) Arasse nous donne une belle leçon d’histoire de l’art: partir de l’oeuvre, l’étudier sous tous ses aspects, ne négliger aucun détail, pour découvrir enfin ce que le peintre a voulu nous dire. Génial: les oeuvres s’éclairent comme par magie. Mais oui bien sur !!

Daniel Arasse. On n’y voit rien. Descriptions. Folio Essais

Stasi: opération Bois de rose, l’un des derniers mystères de la guerre froide

Le quartier général de la Stasi dans l’ancien Berlin-Est

Plus de 20 ans après la chute du mur de Berlin, l’un des derniers mystères de la guerre froide est encore loin d’être éclairci. Personne mis à part les intéressés ne sait comment les 280 000 fiches recensant les espions de la Stasi à travers le monde ont atterri dans les bureaux de la CIA aux Etats-Unis. Plusieurs versions ont circulé sur cette affaire connue sous le nom de code « Rosenholz » (bois de rose) ou « Rosenwood » nom de code donné par le contre espionnage de la République Fédérale Allemande à l’exploitation de ces fichiers. Même le général Grossmann, dernier patron de l’espionnage est-allemand (HVA) affirme dans ses mémoires qu’il n’en sait rien…

Nom de code Rosewood ou Rosenholz

Plusieurs versions ont circulé sur cette affaire connue sous le nom de code « Rosenholz » (bois de rose) nom de code donné par le contre espionnage de la République Fédérale Allemande à l’exploitation de ces fichiers. Certains ont affirmé que des agents de services étrangers s’étaient mêlés aux manifestants qui avaient pris d’assaut le siège central de la Stasi à Berlin le 15 janvier 1990 et en avaient profité pour faire main base sur ces documents. Selon d’autres sources, ces fiches auraient été au contraire confiées par des officiers de la Stasi à des représentants du KGB, mais ceux ci les auraient revendus à la CIA. Prinzipalow, et Subjenko les deux officiers du KGB qui auraient été mêlés a cette affaire sont morts quelques années plus tard en URSS dans des conditions mystérieuses, victimes d’un supposé infarctus au volant de leur voiture.

Opération Bois de rose: le dernier chef de l’espionnage est-allemand, le général Grossmann assure ne rien savoir

Dans ses mémoires, publiées en Allemagne, mais non traduites en France, le général Grossmann, dernier chef de l’espionnage est allemand avant sa dissolution, assure ne rien savoir de cet épisode et affirme qu’il continue a chercher à débusquer les traîtres qui auraient permis que ces fichiers atterrissent à Washington. Selon des sources dignes de foi ces documents auraient pu en fait parvenir à la CIA bien avant janvier 1990.

Ces mêmes sources font remarquer par ailleurs que des officiers de la Stasi en accord avec des éléments « progressistes » du KGB avaient pris depuis quelque temps leur distance avec les jusqu’au boutistes du régime est allemand. Le KGB aurait ainsi donné comme instruction de ne pas intervenir. Ce serait d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles le soulèvement populaire de 89 n’a pas été réprimé dans le sang. Les troupes de la Stasi pourtant prêtes à toutes les éventualités ont laissé occuper leurs locaux pratiquement sans opposer de résistance…

Les patrons de la Stasi: Erich Mielke la brute et Markus Wolf l’intellectuel.

Le bureau d’Erich Mielke, dans l’ancien quartier général de la Stasi à Berlin est.

Deux figures bien différentes et souvent opposées ont dominé l’histoire de la Stasi. Celle du criminel Erich Mielke, ministre de la sécurité d’état, qui termina sa carrière, lors de la débâcle, sous les quolibets de l’assemblée du peuple, et celle élégante et distinguée de Markus Wolf, patron de l’espionnage ( la HVA) qui ferma les yeux sur les exactions de ses collèges et couvrit d’innombrables crimes au nom de la fidélité au grand frère soviétique qui avait contribué à la défaite nazie.Ce sont les deux chefs de la Stasi qui sont restés dans l’histoire. Mielke était le patron de Wolf

Markus Wolf, l’intellectuel

Wolf revenu en Allemagne après la guerre avec un passeport soviétique en uniforme d’officier de l’armée rouge, venait d’une famille juive. Il était le fils de Friedrich Wolf un pacifiste communiste auteur de pièces de théâtre. Son père avait fui dès 1933 l’Allemagne nazie avec sa famille sauvant ainsi sa femme et ses deux enfants de la mort. Le frère de Markus devint un talentueux cinéaste.

Ce qui comptait le plus aux yeux du patron de l’espionnage est-allemand ( Mielke ministre de la Sécurité était ainsi son supérieur hiérarchique) était que l’URSS avait combattu les bourreaux nazis. L’oncle de Wolf était mort dans un camp de concentration, et Wolf avait transféré sur l’Occident son désir de punir le nazisme et le fascisme. Il était ainsi devenu un redoutable adversaire pour les services de renseignements étrangers qui pendant des dizaines d’années ne connaissaient même pas son visage.

Erich Mielke, la brute

Erich Mielke, patron du MFS ( Ministère de la Sécurité d’État Ministerium für Staatssicherheit, MfS) supérieur hiérarchique et rival de Wolf était un stalinien convaincu qui continua de vénérer jusqu’à la fin le « petit père des peuples ». Entré très jeune au parti, il avait assassiné en 1931 deux policiers à Berlin lors d’une manifestation et s’était enfui en URSS pour échapper à la peine de mort. « Mielke était la Stasi », (titre d’une biographie de Heribert Schwan parue en allemand) et pratiqua au sein même de son parti les méthodes d’épuration stalinienne. Il fut même, rappelle Jean-Paul Picaper dans son ouvrage Berlin-Stasi, à l’origine de deux concepts qui permettaient de condamner pratiquement n’importe qui. Celui de « diversion politico-idéologique » et celui d' »activité politique clandestine ». Mielke mena durant toute sa vie une source lutte d’influence- qu’il ne gagna jamais- contre Markus Wolf. Il avait la confiance de Erich Honecker, le chef d’état est allemand, mais…Wolf qui parfait parfaitement russe avait celle du Kremlin et du KGB.

La Stasi était en terme d’effectifs beaucoup plus importante que la Gestapo nazie. Celle-ci avait 15 000 collaborateurs pour une population allemande d’environ 70 millions d’habitants, alors que la Stasi avait un effectif de 100 000 personnes dans les année 80 pour une population de 17 millions en Allemagne de l’Est. Son quartier général à Berlin-Est a été transformé en musée après la réunification allemande.

Une voyante avait prédit à Magda Goebbels une fin terrible

Magda (future épouse du ministre de la propagande du Reich Joseph Goebbels) n’a pas encore treize ans. La voyante lui demande de couper les cartes de la main gauche, puis elle les dispose méthodiquement en quatre rangs. Subitement, raconte la mère de Magda, elle les bat à nouveau. «Je ne peux pas voir une chose pareille», dit-elle »Nul ne peut avoir autant de chance». Elle prend la main de Magda, en étudie attentivement les lignes,et déclare : «Un jour, tu seras une reine de la vie, mais la fin sera terrible». Magda se suicidera dans le Bunker d’Hitler.

Magda Goebbels empoisonne ses six enfants

On connaît l’horrible fin de celle qui avait épousé l’un des plus fanatiques serviteurs d’Hitler. Elle empoisonna ses six enfants et se suicida dans le bunker du Führer. Hitler pourtant lui avait proposé de fuir à bord des derniers avions qui pouvaient encore quitter Berlin. Mais Magda refuse. Le chauffeur de Hitler Erich Kempa revient à la charge et lui fait valoir qu’il dispose encore de trois véhicules blindés qui pourraient emmener les enfants jusqu’à Tempelhof. Magda semble alors hésiter, mais Goebbels surgit. Il a entendu la fin de la conversation, et déclare que sa femme est libre d’emmener ses enfants en lieu sûr, mais que lui se suicidera avec le Führer. «Magda, raconte Anja Klabunde, dans un saisissant portrait paru chez Tallandier, change aussitôt de comportement. Elle assure son mari qu’elle restera avec les enfants» Lorsque les soviétiques parviendront jusqu’au bunker du Führer ils découvriront six enfants dans leurs chemises de nuit blanches, les filles avec leurs rubans blancs dans les cheveux. Ils ont l’air de dormir.

Les mémoires de Goebbels sont parues en France chez Tallandier. L’intégrale publiée par l’Institut fuer Zeitgeschichte de Munich et de Berlin fait vingt-neuf volumes. Ce journal que Goebbels destinait à la publication traduit la démesure de son auteur en proie à un égarement auto suggestif qui le poussait à écrire l’histoire afin que les générations futures voient le vingtième siècle à travers les yeux du chef de la propagande national-socialiste.C’est un document irremplaçable pour tenter d’élucider la psychologie du ministre de la propagande du troisième Reich.

Goebbels a toujours cru en la bonne étoile de Hitler

«Il est tout à fait remarquable, écrit-il par exemple, au lendemain du débarquement allié en Normandie, que le Fuehrer soit absolument sûr et ne montre aucun signe de faiblesse. Que Churchill fasse déjà le fanfaron et qu’il se décerne d’avance les lauriers de la victoire ne saurait nous étonner : il l’a toujours fait». Le 28 mars 1945, un mois environ avant son suicide dans le Bunker de la chancellerie, avec toute sa famille, Hitler et Eva Braun, Goebbels croit toujours à la bonne étoile du Fuehrer. «On a toujours l’impression qu’il vit dans les nuages, écrit-il, mais il est déjà si souvent descendu des nuées, tel un deus ex machina. Il persiste dans sa conviction que la crise politique au sein du camp ennemi justifie nos plus grands espoirs». Quelques pages auparavant, Goebbels reconnaissait pourtant qu’il régnait une «ambiance de fin du monde» dans l’entourage du Fuehrer.

Le premier amour de Magda Goebbels était juif.

Le premier amour de Magda Goebbels fut Victor Arlosoroff, un militant sioniste, en l’honneur duquel Israel a élevé un monument près de la plage de Tel Aviv.

Elle l’accompagna dans des réunions, participa aux distributions de vivres aux juifs d’Europe de l’Est ayant fui les pogroms. Mais peu à peu la liaison perdit en intensité: Victor fut pris de plus en plus par ses activités sionistes, et la jeune femme fut témoin de la dégradation de la condition des juifs accusés par la société allemande – bien avant l’arrivée au pouvoir de la lie brune- d’être responsable des maux du pays.

La petite Magda, future épouse du ministre de la propagande du Reich, Joseph Goebbels, sera elevée dans la pratique des deux croyances , le catholicisme de sa mère et la religion juive de son beau père. Personne n’aurait pu imaginer, au début du 20 ème siècle une fin aussi horrible pour cette petite fille, enfant non reconnu par son père biologique, qui sera confiée à sa mère mariée à un commerçant juif Richard Friedländer.

Le premier mari de Magda Goebbels fut un riche industriel

Elle rencontrera dans un train, à l’age de 18 ans son premier mari, un industriel, Günther Quandt qui est l’un des hommes les plus riches d’Europe. Magda est ravissante, mais là aussi, le désir de reconnaissance, de participer à quelque chose de plus grand qu’elle – elle est fascinée par l’existence de grande bourgeoise que cette union peut lui apporter – joue un rôle. Mais Quandt la déçoit. Elle recherche un épanouissement, il la traite comme la dernière des aides comptables quand il révise avec elle les comptes de la maison. Elle espérait jouer un rôle social important en devenant Frau Quandt. Cet espoir est décu.

Le coup de foudre de Goebbels

Lorsque Goebbels, qui a un coup de foudre pour la jeune femme dès qu’il la rencontre ( «Tonnerre de Dieu, dit-il, elle est fantastique»), lui donnera l’impression de pouvoir s’investir dans une cause, et de devenir une « grande dame » du nazisme, elle s’y jettera tête baissée. Le destin de cette femme qui ne pouvait pas exister par elle même était scellé. Elle avait signé un pacte avec le diable. La voyante avait raison.

Anja Klabunde. Magda Goebbels. Editions Tallandier

Les mystères des Incas

On ne se lasse pas de fantasmer sur les mystères des Incas, mais une chose au moins semble certaine. La dernière capitale inca serait Choquequirau ou Espiritu Pampa et non le Machu Pichu.

Le mythe du Machu Picchu  » dernier refuge des Incas » est aujourd’hui bien mort, écrit l’historienne Danielle Lavallée en préface des mémoires de Bingham l’explorateur qui a découvert les célèbres ruines. La dernière capitale inca n’est pas le Machu-Picchu mais se trouve 150 kms au nord ouest. C’est Vilcabamba la vieille.

Carmen Bernand, auteur des incas, peuple du soleil » paru chez Gallimard, hésite elle entre la cité de Choquequirau, près de Macchu Picchu, dont les ruines ont été récemment restaurées, et Vilcabamba   connue aussi sous le nom de Espíritu Pampa. Mais les deux spécialistes sont formelles: le Machu-Picchu n’est pas la dernière « capitale » inca. Le supposé trésor que les derniers incas auraient amené avec eux dans leur fuite restera également introuvable.

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