Les mystères des Incas

On ne se lasse pas de fantasmer sur les mystères des Incas, mais une chose au moins semble certaine. La dernière capitale inca serait Choquequirau ou Espiritu Pampa et non le Machu Pichu.

Le mythe du Machu Picchu  » dernier refuge des Incas » est aujourd’hui bien mort, écrit l’historienne Danielle Lavallée en préface des mémoires de Bingham l’explorateur qui a découvert les célèbres ruines. La dernière capitale inca n’est pas le Machu-Picchu mais se trouve 150 kms au nord ouest. C’est Vilcabamba la vieille.

Carmen Bernand, auteur des incas, peuple du soleil » paru chez Gallimard, hésite elle entre la cité de Choquequirau, près de Macchu Picchu, dont les ruines ont été récemment restaurées, et Vilcabamba   connue aussi sous le nom de Espíritu Pampa. Mais les deux spécialistes sont formelles: le Machu-Picchu n’est pas la dernière « capitale » inca. Le supposé trésor que les derniers incas auraient amené avec eux dans leur fuite restera également introuvable.

Continuer la lecture de « Les mystères des Incas »

Photo créative: dans l’intimité de l’acte de création

« Je fonctionne de manière totalement autodidacte et je ne connais pas de bons photographes qui soient sortis d’une école de photo » ( Frank Horvat). « Pendant une période, je faisais des photos tous les jours, du matin jusqu’au soir. Face à une telle persévérance, il finit toujours par sortir quelque chose »(Lucien Clergue). « Je brouille les pistes entre le réel et la fiction. » ( Sarah Moon). Ces entretiens de Muriel Berthou Crestey avec « 24 des plus grands photographes contemporains » offrent de nombreux éclairages sur le cheminement intellectuel ou émotionnel de ces artistes.

Dommage que l’on ne trouve pas, en illustration, pour chacun d’entre eux une sélection de quelques œuvres . Cela aurait aidé à la compréhension de leurs images, car les explications de certains relèvent parfois d’un univers conceptuel assez impénétrable. Mais bon… tout le monde n’a pas avec l’art la même aisance que le malicieux Daniel Arasse lorsqu’il jetait son regard perçant sur l’Adoration des Mages de Bruegel où l’annonciation de Francesco del Cossa.

Il y a heureusement dans cette série d’entretiens des passages très intéressants et j’avoue avoir été séduit par les propos de Valérie Belin dont la série Black Eyed-Suzan est superbe. » Je recherche toujours une image qui ne soit pas réaliste, mais sans me défaire de la réalité du sujet, explique t-elle. La difficulté réside dans la volonté d’être au plus proche de la vérité de mon sujet sans en donner une image réaliste ». Il me semble que c’est là une parfaite définition de la photo créative.

Au cœur de la création photographique. Entretiens avec Muriel Berthou Crestey. Éditions Ides et Calendes. Lausanne.

Goethe et Weimar: la maison de Goethe

Maison de Goethe à Weimar avec son beau jardin
La maison de Goethe à Weimar


Lorsque Goethe arrive à Weimar en 1775, à l’age de 26 ans, pour y être le conseiller du duc Karl August, la capitale du duché de Sachsen Weimar n’a encore que 6000 habitants et Goethe a déja obtenu avec son Werther un succès retentissant. Les souffrances du jeune Werther ont cristallisé les inquiétudes d’une génération mélancolique et désenchantée, et le suicide de Werther, amoureux de la fiancée de l’un de ses amis, aura un tel impact à l’époque que de nombreux jeunes gens choisiront eux aussi de mettre fin à leurs jours. Werther deviendra le symbole de l’exaltation et du mal de vivre. Goethe restera à Weimar jusqu’à la fin de sa vie en en 1832.

Il est pratiquement impossible de résumer l’oeuvre de Goethe. Est-ce le plus grand poète allemand, le plus grand dramaturge, le plus grand romancier ou mémorialiste? Faute de trouver une réponse, certains s’en remettent en fin de compte au mot de Napoléon qui en recevant Goethe lui aurait dit «Vous êtes un homme» et pour mieux apprécier Goethe, la meilleure formule sera donc de vagabonder dans ses oeuvres( 10 tomes aux éditions de l’Harmattan).

Continuer la lecture de « Goethe et Weimar: la maison de Goethe »

Taschen ressuscite l’Italie de rêve avec des Photochromes

Un extraordinaire voyage en Photochrome dans l’Italie du début du 20e siècle. L’éditeur Taschen a ressuscité dans un merveilleux livre de 600 pages l’Italie éternelle.

Des images magnifiques que beaucoup de photographes du 21e siècle rêveraient de faire. Les Photochromes étaient apparus en 1888 lorsque la maison Orell Fussli de Zürich avait fait breveter un procédé permettant de transférer des éléments d’un négatif noir et blanc sur un nombre de plaques lithographiques égal à celui des couleurs à utiliser dans l’impression à l’aide d’encre transparente. La trentième et dernière édition du catalogue des photochromes publié en 1911 par Photoglob Zürich comprenait 800 vues de l’Italie, dont celles reproduites dans le livre de Taschen.

Le ton des couleurs varie: Venise tend vers le rose saumon, les vues de Rome vers des tons brun et ocre, les coloris des vues de Naples et Palerme sont parmi les plus chauds.

Feuilleter ce beau livre est un émerveillement car c’est vraiment l’Italie de nos rêves. Vintimille, San Remo, les lacs italiens et tant d’autres endroits souvent disparus de nos songes, effacés par les constructions, les routes, les embouteillages. Et que dire des Photochromes des ruines de Rome ou l’on se croit presque revenu à l’époque des…Romains.

On serait tenté de dire: pour vos prochaines vacances de Noël, annulez donc votre petit voyage en Italie et achetez ce gros album de Taschen! Plongez dans le rêve, remontez le temps! Vous en garderez un plus beau souvenir ….

https://www.taschen.com/pages/fr/catalogue/home/index.accueil.htm

L’Italie de 1900 en Photochrome chez l’éditeur Taschen

La photo minimaliste


L’art de la photo révèle en chaque photographe ses goûts profonds. Pour l’un ce sera le portrait, les grands espaces, la ville, la photo animalière ….Toutes ces options peuvent se couler, se fondre et être interprétées par un courant artistique né dans les années 60 : la photo minimaliste, avec comme maîtres en la matière, Bernd et Hilla Becher qui initieront (entre autre) l’école de Düsseldorf en plus d’enseigner aux Beaux-Arts.
La photo minimaliste, c’est une esthétique simple qui a l’avantage d’éduquer l’œil, de tirer profit du moindre détai. Quand il n’y a rien, il y a toujours quelque chose à saisir, fixe. C’est ce qui rend cette façon de voir et de photographier passionnante et jouissive! Le photographe devient une sorte de détective à l’affût du moindre indice!
Avec la photo minimaliste, l’œil accroche l’ombre, le détail, la forme qui feront le cliché ! Encore faut-il savoir regarder et repérer l’essentiel. L’ouvrage de Denis Dubesset  » Les secrets de la photo minimaliste » détaille de manière très didactique les façons de concevoir une photo minimaliste et la mettre en scène. Au delà du propos technique, clair et précis comme le choix du matériel, les règles du cadrage, le post-traitement…et d’exemples photos dûment commentés, annotés ( faire et surtout ne pas faire ) l’auteur replace astucieusement cette manière de concevoir les images dans un courant artistique née de l’expressionnisme abstrait. Un avant-propos passionnant avec par exemple en peinture, les oeuvres de Jackson Pollock, Sol Lewitt ; en sculpture, celles de Brancusi. Un concept fondateur que résume la fameuse expression de l’architecte Ludwig Mies Van der Rohe représentant du Bauhaus : « less is more » ( moins c’est plus).
Tout un art et aussi une discipline de vie….(DL)

Denis Dubesset Les secrets de la photo minimaliste. Editions Eyrolles