La photo minimaliste


L’art de la photo révèle en chaque photographe ses goûts profonds. Pour l’un ce sera le portrait, les grands espaces, la ville, la photo animalière ….Toutes ces options peuvent se couler, se fondre et être interprétées par un courant artistique né dans les années 60 : la photo minimaliste, avec comme maîtres en la matière, Bernd et Hilla Becher qui initieront (entre autre) l’école de Düsseldorf en plus d’enseigner aux Beaux-Arts.
La photo minimaliste, c’est une esthétique simple qui a l’avantage d’éduquer l’œil, de tirer profit du moindre détai. Quand il n’y a rien, il y a toujours quelque chose à saisir, fixe. C’est ce qui rend cette façon de voir et de photographier passionnante et jouissive! Le photographe devient une sorte de détective à l’affût du moindre indice!
Avec la photo minimaliste, l’œil accroche l’ombre, le détail, la forme qui feront le cliché ! Encore faut-il savoir regarder et repérer l’essentiel. L’ouvrage de Denis Dubesset  » Les secrets de la photo minimaliste » détaille de manière très didactique les façons de concevoir une photo minimaliste et la mettre en scène. Au delà du propos technique, clair et précis comme le choix du matériel, les règles du cadrage, le post-traitement…et d’exemples photos dûment commentés, annotés ( faire et surtout ne pas faire ) l’auteur replace astucieusement cette manière de concevoir les images dans un courant artistique née de l’expressionnisme abstrait. Un avant-propos passionnant avec par exemple en peinture, les oeuvres de Jackson Pollock, Sol Lewitt ; en sculpture, celles de Brancusi. Un concept fondateur que résume la fameuse expression de l’architecte Ludwig Mies Van der Rohe représentant du Bauhaus : « less is more » ( moins c’est plus).
Tout un art et aussi une discipline de vie….(DL)

Denis Dubesset Les secrets de la photo minimaliste. Editions Eyrolles

Biographie de Cartier-Bresson

La biographie de Cartier-Bresson par Pierre Assouline

Cette excellente biographie de Cartier-Bresson par Pierre Assouline repose en partie sur les conversations que l’auteur a entretenu pendant de nombreuses années avec celui qui fut l’un des plus grands photographes des temps modernes.

« Cet échange ininterrompu sur sa vie, son oeuvre, ses goûts et ses idées fut un privilège rarissime pour le biographe derrière l’ami » écrit Assouline. L’auteur a également pu utiliser des milliers de lettres et de notes conservées par Cartier-Bresson.

L’influence du surréalisme dans les photos de Cartier-Bresson

L’image qui ressort de cette biographie est effectivement, comme le titre le souligne, celle d’un homme qui fut « l’oeil de son siècle » grâce à un appareil photo révolutionnaire au début du 20e siècle, le Leica. Mais l’on saisit également tout au long de ces 400 pages a quel point Cartier-Bresson était aussi un artiste influencé par le surréalisme.

 » Quand ce n’est pas par des objets ce peut être par des allégories que l’imprégnation surréaliste se manifeste, écrit Assouline,reflets de l’activité portuaire et de l’humanité grouillante dans la devanture d’un bistrot marseillais ensoleillé(…)tout le temps ce léger décalage par rapport à la réalité qui fait qu’un signe suffit à faire basculer la scène dans l’irrationnel ».

Pierre Assouline. Cartier-Bresson. L’oeil du siècle. Folio. Gallimard

Des photos de Salgado chez Taschen

Prés d’une centaine de photos du brésilien Sebastião Salgado sur l’incendie des champs de pétrole du Koweit pendant les derniers mois de la guerre du golfe sont publiés chez Taschen sous le titre Koweit: en désert en feu.

Salgado, photographe militant, s’était fait remarquer dès les années 80 par un impressionnant reportage sur les garimperos, les chercheurs d’or de la Serra Pelada dans l’état brésilien du Para. Ce  publié chez Taschen place de nouveau l’homme au centre de sa thématique: on y voit le travail héroique des pompiers chargés d’éteindre les incendies allumés par les troupes de Saddam Hussein qui avaient abandonné le Koweit en laissant une mer de puits en flammes.

« Je n’étais pas préparé à ce que j’allais découvrir, raconte Salgado dans la préface de l’ouvrage, des équipes d’une dizaine d’hommes noircis des pieds à la tête par la fumée, travaillant avec discipline et méthode dans des conditions incroyablement difficiles » Et Salgado de raconter le paysage de cataclysme qu’il a rencontré dans cette région du monde.  » A la fin de chaque journée, mes mâchoires étaient devenues douloureuses tant elles étaient restées serrées pendant de longues heures face à la chaleur, le bruit, le pétrole dans l’atmosphère et le risque permanent d’explosion majeure »

Comme toujours chez Salgado, les photographies publiées dans cet ouvrage sont impressionnantes: pompiers enveloppés d’un film noir de pétrole, paysages de fin du monde, ciel obscurci par les nuages de fumée, geysers de pétrole noir explosant dans le ciel. Une vision de fin du monde en noir et blanc, où chaque image est traversée par des mouvements, des perspectives, de la démesure.

Koweit: un désert en feu est sans doute l’un des meilleurs livres pour comprendre ce qui fait la grandeur d’une image. Il suffit de s’attarder sur chacun des 83 clichés de Salgado, d’analyser chaque composition, pour en découvrir toute la force.

Koweit: en désert en feu. Editions Taschen
www.taschen.com

Un excellent manuel de photo

Ce Grand livre de la photographie de Scott Kelby aux Éditions Pearson me semble être pour les débutants « avancés » l’un des meilleurs manuels de photographie disponibles sur le marché.

Il ne s’adresse pas à tous les photographes amateurs – encore que certains de ses conseils sont applicables à tous ceux qui utilisent des compacts ou des smartphones- mais intéressera en priorité tous ceux qui ont des appareils où l’on peut sortir du mode automatique. Mais pas besoin d’être en possession du dernier haut de gamme de Nikon ou Canon pour profiter de sa lecture.

Au menu, l’utilisation du flash,les portraits, la photographie de mariages, de paysages, de sport, ainsi qu’un passage sur la vidéo. Je donne des solutions, écrit Kolby, dans l’introduction,à tous les défis techniques et esthétiques que vous devez relever. Parole tenue: on a même dans ce volumineux ouvrage (près de 500 pages) un chapitre sur les objectifs. Le dernier chapitre présente 58 photos, chacune d’un genre particulier, et vous donne la recette pour réussir chacune d’entre elles.

Scott Kelby. Grand livre de la photographie. Éditions Pearson.

Quelle optique pour faire de la photo de rue?

La photo de rue est très à la mode de nos jours et la première question que l’on se pose est de savoir quelle optique est la mieux adaptée à ce genre de photos.

Si vous disposez d’un appareil plein format, de nombreux « experts » vous recommanderont un 35 mm . C’est à dire un petit « grand angle » qui vous donnera plus de recul pour vos images. D’autres ne jurent que par un 50 mm. Mais en ce qui nous concerne…nous préférons un gros téléobjectif. Et nous allons vous expliquer pourquoi…

Mais examinons d’abord les arguments de tous ceux qui préfèrent un petit « grand angle » pour ce genre de photos. Ils vous expliqueront que cette focale permet de « rentrer » dans l’action, comme les photographes de presse. Ce n’est pas inexact. Si vous vous approchez d’un groupe de personnes pour les photographier, l’image aura a toutes les chances d’être très vivante.

Néanmoins la formule la plus simple à utiliser me semble être l’utilisation d’un zoom avec téléobjectif- un 70-300 mm par exemple reste assez maniable. Il n’est pas trop lourd à manier et vous permettra de saisir toutes les scènes de rues que vous voulez, avec en prime un superbe Bokeh ( arrière plan flouté) si vous ouvrez au maximum l’objectif. Avec cette méthode, vous ne serez jamais décus du résultat…

Mais, si vous recherchez la difficulté, achetez un Leica M… avec un objectif grand angle. Avec pas mal d’entrainement, vous obtiendrez de très belles images grâce aux fabuleux objectifs Leica.

Des tas de livres vous expliquent en long et en large – il y même des ateliers payants pour vous former à cette pratique- comment vaincre votre timidité naturelle et « aller à l’autre ». Une vraie psychothérapie..un peu risible lorsque l’on sait que beaucoup de nos contemporains sont agacés d’être sans arrêt en situation d’être pris en photo grâce aux smartphones.

En pratique, si vous commencez à photographier de près des scènes de rue, que ce soit avec un « petit » Leica ou un « gros » Reflex, vous risquez d’avoir des contacts « houleux » avec les intéressés. D’autant plus que vous risquez d’avoir des problèmes si l’une des personnes photographiées invoque son droit à l’image pour vous demander de ne pas publier sa photo-ou vous assigne directement en dommages et intérêts.

Faites donc très attention…